J'écoute : foxy brown Je cite : "l'homme n'est pas un singe, l'homme est un slip sur une bête sauvage. Et l'art est le cri idiot du singe qui enlève son slip qui lui gratte le cul." (mis à jour dimanche 27 janvier 2008 à 17:31)
A bah oui, tout de suite ça va mieux!
Leçon de beautée numéro 1: bien choisir son profil!
Je saute donc de Ariel Sharon à Jennifer Connelly et de Kevin Spacey à River Phoenix! Hurra!!
(tiens au fait, je me demande si l'arrête nasale de Frodo Baggins en arrière plan a été scannée! ça voudrait dire que si j'ajoute 12% d'Elijah Wood à 64% d'Omar Sharrif jeune, j'obtient Isabella Rosselini. A méditer!)
Il y a 10 jours est sorti dans l’indifférence générale le dernier opus de la chanteuse Kelis, une merveille de 18 titres intitulée Kelis Was Here. Injustice ! Alors qu’au même moment sort la nouvelle flaque de pisse du diplodocus Beyoncé, personne ne semble prêter attention à la miss Kelis, si ce n’est pour lui reprocher d’être de plus en plus formatée. Amusant, lorsqu’on sait que Kelis a engendré le R’n’B le plus libre et le plus merveilleusement sexy de ces dernières années. Car elle est la seule aujourd’hui aux États-unis à conjuguer une production démente et intelligente à un fond sensible et enragé. La seule. La seule et unique Diva.
Notre dernier rendez vous avec Kelis datait d’à peine trois ans. Il était alors question de Tasty, une œuvre redoutable considérée par à peu près tout le monde comme l’album de R’n’B les plus bandant de 2004. Un chef d’œuvre du genre soutenu par trois singles luxueux : l’impitoyable Milkshake, l’adorable Trick Me et l’impeccable Millionaire, en duo avec André 3000. Même si Kelis Was Here, son dernier album, résonne comme une version mutante et plus adulte de Tasty, l’univers qu’il invente est radicalement différent. On quitte l’ambiance funky et colorée des banlieues noires pour une atmosphère beaucoup plus bourgeoise et libertine.
Car si le premier single Bossy prolonge avec bonheur la veine R’n’B Porno Electro de Tasty, c’est bien le second single, Blindfold Me en duo avec son époux Nas, qui fait s’élever l’album dans un dimension bien plus noire et perverse. Impossible de résister à cette transe guerrière surgie d’une dimension démoniaque où la voix de Kelis n’a jamais été aussi belle. Une véritable dépravation sonore et saignante qui n’a rien a envié à son grand frère Milkshake…
Le reste de l’album carbure à un tube potentiel toutes les deux pistes. Du vicieux Bossy au génialissime Week End en passant par le langoureux Trilogy, difficile de ne pas craquer à l’écoute de ces gimmicks et de ces beats en cascade qui semblent partouzer tous ensembles dans la piscine d’un manoir de Los Angeles. Kelis n’a de cesse d’enchaîner les ruses, les sournoiseries et les provocations, poussant le vice jusqu'à sampler le thème de la Reine de la Nuit sur Like You pour en faire un hymne pop absolument délicieux (ce qu’il était déjà à l’origine, en fin de compte…). On se régale également de ballades sublimes immédiatement familières… Kelis maîtrise désormais sa voix à la perfection : une émotion brute surgit souvent de là où on ne l’attend pas (ce vers quoi tendait sa musique depuis le début ; en témoigne le bouleversant Marathon sur lequel s’achevait Tasty).
Coté vidéo, c’est franchement gratiné ! Le single Bossy est accompagné d’un clip dérangeant bien comme il faut, avec son lot d’assiettes de fruits de mer, de caniches bleus et de Vipers rouges. L’occasion également d’admirer la plastique de Kelis roulée dans le maillot de bain le plus ahurissant de l’année… Quant au clip de Blindfold Me, je vous laisse juger par vous-même…
Single de l’année
Clip le plus Nasty Fucking Biatch de l’année
(et ya même une panthère!!)
Kelis Was Here s’achève sur les rythmes cubains faussement naïfs de Have A Nice Day. Une conclusion à la fois drôle et tendre, très appréciable après cette débauche de plus d’une heure et l’apogée quasi funèbre d’Appreciate Me. Humour et sensibilité, des détails qui font la différence dans un genre musical formaté et qui font de cette chanteuse une personnalité à part, indépendante et distinguée. Avec son dernier bijou, Kelis nous offre la musique idéale pour s’énerver et s’amuser, s’émouvoir et s’exciter. Un chef d’œuvre parfaitement décadent, comme un rubis dans un Bloody Mary.
Ce sont de vraies photos, de vrais cartables que portent de véritables petites filles de banlieue…
Barbie Spiss Di Connass faisait marrer tout le monde il y a quelques années et la voilà qui débarque pour de vrai dans les cours de récrée.
Terrifiant.
[EDIT]: j'ai fait quelques recherches, et j'ai appri que Fulla, la Barbie voilée, faisait un tabac depuis plus de deux ans dans les pays du moyen orient. Il s'en est vendu plusieurs millions et elle est très célèbre en Egypte. Aujourd'hui, la gamme de jouets Fulla s'est élargie: après les chewing gum, les bicyclettes et les cartables, les parents peuvent désormais offrir à leurs petites filles la panoplie Fulla contenant un ensemble Hijab/Voile en coton et un tapis de prière, le tout de couleur rose.
J’ai 6 ans, c’est bientôt mon anniversaire. Dans ma chambre trône une merveilleuse maison en bois que m’on père à conçu pour abriter mes Playmobils. Je la lui avais commandé… Elle roule sur un petit chariot.
J’ai tout le mobilier Belle Epoque : la cuisine, le salon, le bureau, les chambres à coucher et la salle de bain. Chaque chose est à sa place : je me suis efforcé de suivre la disposition des meubles montrée en exemple sur la boite. Mon manoir miniature est une véritable maison-témoin Playmobil. La bonne tient son balais, la cuisinière à une casserole dans la main, comme sur la boite. Le grand-père lit son journal dans son fauteuil, les enfants sont couchés dans les lits…comme sur la boite. Plus ma maison ressemble à celle du catalogue Playmobil, plus je suis heureux.
C’est le jour de mon anniversaire : ma mère m’a organisé une fête, avec chasse aux trésors, bonbons, cadeaux et cassettes vidéos. La maison, la vraie, est envahie d’enfants. Ma chambre est prise d’assaut. Tous mes coffres sont ouverts : c’est le chaos, la panique ! Ma mère gronde un enfant qui a mélangé toutes les pâtes à modeler. Soudain, j’ai peur. Ma maison Playmobil !! Trop tard… Elle est assiégée. Je m’approche, fébrile, pour constater les dégâts. Et là, c’est le choc.
Dans le salon, une baignoire est installée, en plein milieu de la bibliothèque. La bonne prend son bain avec un haut de forme sur la tête. Dans la cuisine, un bustier en marbre est posé sur le four et la maîtresse de maison est allongée sur la table, une cuillère dans la main. Pendant ce temps là, la cuisinière lui joue du piano. Dans la chambre à coucher, plus de lits, mais des chaises disséminées dans toute la pièces. Les enfants sont assis en cercle, on dirait qu’ils discutent. Je retrouve les lits sur la terrasse : la nurse dort en plein air. Le grand-père, coiffé d’un bonnet de servante, lui tend un verre. Je reste bouche bée, je n’en crois pas mes yeux. Je suis totalement émerveillé. Ce qui se passe devant mes yeux est fantastique, loufoque, différent, amusant et meilleur. C’est bouleversant.
C’est décidé. Je jure solennellement de ne plus jamais suivre les consignes de la boite ! Désormais, je mettrai le piano sur la terrasse, je ferai dormir les enfants dans la baignoire et le grand-père dans l’armoire, je mettrai des plantes vertes dans la salle de bain et des canapés dans la cuisine. Aujourd’hui, quatorze ans ont passé, et je m’efforce toujours de respecter ce serment, dans tout ce que j’entreprend.