20/11/2006Le Labyrinthe de Pan
Encore raté !! Après le monument de connerie que fut Hellboy, Le Labyrinthe de Pan est une nouvelle pourraverie à l’actif de Del Toro, que je soupçonne fortement d’être une andouille. Une chose se confirme après la vision de sa dernière oeuvre: le coup des glandes pleines de porridge dans Mimic est la meilleure idée qu’il est jamais eu.
Son nouveau film est une féerie totalement foireuse, un festival de fausses bonnes idées, de pétards mouillés, de trouvailles réjouissantes mais qui en fait : non. Un exemple : le Faune. Le Faune est sans doutes la chose la plus sous exploitée du film. Mal filmé, aussi énigmatique qu’une chèvre et moins charismatique qu’une souche pleine de lichen, il passe son temps à remuer ses grandes mains, à glouglouter et à faire sa coquette : affreux ! A la fin de l’histoire, on ne saura finalement rien de lui si ce n’est qu’il a plusieurs noms (comme la mioche de Silent Hill…génial !) et qu’il émet des vieux grincement trop laids quand il bouge les bras (la pire idée du film ?) à chacune de ses apparitions (toutes très courtes et peu nombreuses : bien fait, vielle biquette !).
Le plus choquant dans le Labyrinthe, c’est l’incroyable pauvreté de son bestiaire fantastique. Toutes les surprises du film sont déjà dans la bande-annonce, ou au mieux sur les affiches. Del Toro, un geek pourtant réputé généreux, se montre ici très avars en merveilleux. Si l’on recompte bien, on a le droit à: trois fées, un crapaud, du gingembre, un bouc en bois, et un Pale Man tout moche qui fait une apparition éclair assez pathétique et avouons-le, très drôle ( « Salut, salut !! J’ai des yeux dans les mains !! »). L’aspect visuel est sympa, mais c’est du déjà vu mille fois. En gros, on est quelque part entre Brian Froud et Tim Burton, c'est-à-dire là où se situent environ 95% de ce qui est créé en matière de fantasy/féérie depuis le milieu des années 80. Franchement j’insiste mais le Pale Man est une vraie bouffonnerie. Rien qu’à voir sa photo en haut je suis mort de rire. « Silut les amis!! ». Nan mais sérieux !!
Aussi, plusieurs trucs m’ont échappé… Les blessures par balles, très nombreuses, sont toutes extrêmement stylisées (dans quel but ?) ce qui m’a plutôt choqué. On dirait que les balles rentrent dans les corps comme dans du beurre et les personnages touchés mettent minimum 15 minutes à se rendrent compte qu’ont leur a tiré dessus (la mort du médecin : haha !!). Effet de style de mon cul ou véritable choix artistique dont les motivations m’ont échappé ? Compte tenu de la filmo du monsieur, je penche pour la première option. Quand à la réflexion de Guillermo sur l’enfance, la guerre et tout ça, c’est bien simple, j’ai rien compris. Je dois être con comme un bouquetin plein de lierre !
Un mot sur la fin, toute mignonne. Grâce à elle j’ai quitté la salle en riant comme une pétasse et en me disant « hihi, c’était chouette ! ». Alors que non, c’était pas très chouette. En conclusion je dirai que Le Labyrinthe de Pan est un film stylé.
12/11/2006Buissons Ardents
Quand j’étais petit, j’avais une passion : faire cramer des trucs. Il me suffisait d’un briquet ou d’une boite d’allumettes et tout y passait. J’aimais particulièrement faire brûler des plantes, des herbes et des fleurs, mais par-dessus tout, j’adorais mettre le feu à des emballages en carton plastifié comme des boites de Pepito. La flamme était une obsession, un fantasme, une pulsion irrésistible. J’attendais le jour où mon père faisait cramer les vieilles branches du jardin avec une impatience hystérique. En hiver, je passais des heures devant la cheminée, le plus beau des spectacles. Le bruit de la cheminée! J’avais l’impression d’une connexion directe avec le centre de la terre. Derrière la porte en verre toute sale, ça bouge, ça vrombit, ça palpite. C’est un mystère, c’est un monstre. Mon jeu favori était de glisser des trucs dans les trappes d’aération de la cheminée. Là aussi, tout y passait. J’aimais par-dessus tout glisser des boulettes de papier pour les voir se faire aspirer violement puis se transformer instantanément en lumière, avant de s’évaporer. J’ai aussi glissé deux merdouilles en plastique, mais j’ai vite arrêté.
Quelques années plus tard, j’ai commencé à élaborer des sortes de fourneaux pour assouvir mon nouveau fantasme : faire bouillir des trucs ! J’utilisais des boites de conserve comme des chaudrons, j’y mettais de l’eau à chauffer et ensuite, tout pouvait partir à la casserole : des végétaux d’abord, des fleurs, des feuilles, des racines, puis des trucs plus compliqués comme du shampoing, du savon, des restes d’animaux, des restes de graisse ou ma salive. J’écrivais les recettes sur des étiquettes et je conservais les mixtures dans des bocaux ou des vieux flacons de parfum (trop beaux !). J’ai confectionné des potions pendant un bon bout de temps, enfin disons que ça m’a occupé deux ou trois étés. Mais le plaisir que ça me procurait n’a jamais égalé les courants électriques de fous qui m’envahissaient lorsque je mettais le feu à du papier. Les potions, c’était un trip de préado, plutôt fun, un peu crado. Le feu, par contre, c’était un vrai truc de pervers. Je crois que si je devais parler de mon premier sentiment érotique, je choisirai ça : le spectacle d’un bout de carton se tordant comme un serpent avant de noircir sous une coulée de lumière rouge.

Aujourd’hui, je ne fais plus rien cramer. Les incendies me fascinent : les couleurs, les bruits, l’énergie... Mais je ne passe plus à l’acte, vraiment. Ça m’arrive de jouer avec des bougies le soir de Noël, mais c’est tout. C’est pas le fait d’habiter à présent en ville, c’est juste que je n’en ai plus besoin. Mon fétiche a évolué, en quelque sorte. Aujourd’hui j’ai une nouvelle passion : les roux. J’ai l’impression de me prendre une météorite sur la tronche à chaque fois qu’un rouquin croise mon chemin. Ma colonne vertébrale se transforme en javelot, j’hyperventile, je salive comme un épagneul… Les roux me terrassent.
J’aime quand ils portent leurs cheveux longs comme les gaulois mais j’aime aussi les nuques rousses bien taillées. J’aime toute la palette, toutes les déclinaisons, quand ça tire vers le blond en prenant la teinte des vieilles pièces de monnaie, quand c’est un peu sale et que ça a l’air de coller, quand ça vire carrément au fluo, le genre de mecs trop chauds qui se trimballent avec un brasier sur la tête et dans le slip. J’aime aussi quand c’est très brun, châtaigne, couleur d’automne, du vrai chocolat bien rouge, hérissé sur une peau plus blanche que du Yoplait. Les tâches de rousseurs me font tomber dans les pommes. Il suffit que je croise un mec avec une barbe rousse, et je décolle illico sur Mars, un putain de réacteur nucléaire au cul, et l’envie de respirer son pubis jusqu'à avoir les poumons complètement saturés de sel. Je kiff les roux. A mort.
Voici un top 5 vite fait (non argumenté pour l’instant) de mes rouquins favoris.
1
David Thewlis
2
Kevin Mc Kidd
3
David Wenham
4
Mathias Malzieu
5
Christophe Hondelatte
to be continued...
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