Le Secret de Brokeback Mountain - Suite
Le reproche qu’on fait le plus souvent à Brokeback Mountain, c’est de prétendre raconter une belle et triste histoire d’amour, alors que la relation entre Ennis et Jack repose finalement sur pas grand-chose, si ce n’est sur « une partie de baise en altitude tous les six mois » comme le dit lui-même Jack. Franchement, ça ne m’étonne pas que l’on pense ça, et même, je suis étonné qu’autant de gens aient été bouleversés par ce film. Parce qu’au fond, non : Ang Lee ne montre rien. Et c’est là tout son génie.
A la deuxième vision, je me suis rendu compte que l’idylle à Brokeback parmi les moutons ne durait que très peu de temps. Pourtant, Ang Lee va réussir à faire exister cet amour né un été de 1963, et ce, sans AUCUN flash-back !!
La relation entre les deux cow-boys n’existe que par des fantômes, des émotions retenues ou des larmes qui explosent : lorsque les deux garçons doivent se séparer pour la première fois, c’est avec tout juste un au revoir, avec une froideur absurde, atrocement douloureuse… Après que la voiture de Jack ait disparu à l’horizon, Ennis s’effondre, laissant éclater toute la souffrance que lui cause cette séparation, mais aussi toute sa colère face à ces sentiments qu’il ne contrôle pas, qu’il ne comprend pas. Ang Lee utilise également des images évocatrices de souvenirs, aussi bien pour les personnages que pour le spectateur (Ennis se chamaille avec sa copine dans la neige…). En effet, le lien avec le spectateur est très important. Jack et Ennis semblent refaire leur vie chacun de leur coté, trouvent des épouses, font des enfants… Le manque, l’absence de l’autre, et le souvenir de Brokeback Mountain ne sont pas montrés, et n’existent que dans l’esprit du spectateur (ce qui va fonctionner tout le long du film). Puis, Ennis reçoit une carte de Jack, et les amants vont se retrouver pour la première fois depuis quatre ans (scène bouleversante). Notez l’utilisation très intelligente de la musique, avec ce thème fantomatique et romantique qui revient à des moments clés. C’est finalement à la fin du film que Ang Lee utilisera un unique flash-back, d’une manière inattendue et brillante (scène sublime, et un des rare moment de réelle tendresse entre les amoureux).
Voila pour ces quelques précisions au sujet du film !
17/02/06 - 14:22
Le brun est pas très crédible avec ses moustaches !
J'suis pourtant assez sensible mais ce film ne m'a pas ému une seule fois !
holy-smoke