J'écoute : foxy brown
Je cite : "l'homme n'est pas un singe, l'homme est un slip sur une bête sauvage. Et l'art est le cri idiot du singe qui enlève son slip qui lui gratte le cul."
(mis à jour dimanche 27 janvier 2008 à 17:31)

11/04/2006

11/04/06 - 13:47

Wassup Rockers - Larry Clark





Passons outre la réputation sulfureuse voire crado de Larry Clark… De toute façon je n’ai vu aucun de ces films avant celui-ci donc c’est réglé. Je n’ai donc aucun moyen de comparer, ce qui tombe plutôt bien puisque Wassup Rockers ne ressemble à rien de ce que je connais. Oui, vous avez bien entendu !! Un énième film indépendant américain sur des boutonneux pommés avec un font politico-homo-érotico-social… Gus Van Sant tout ça… Oui et bah non !! Bon, j’arrête de tourner autour du pot : Wassup Rockers est une Splendeur.



Le film suit la journée d’une bande d’adolescents latino vivant dans le ghetto sud de Los Angeles. Dans les quartiers à grande majorité noirs où la norme est d’écouter du hip-hop et de porter des survêtements, Jonathan, Kico et ses potes laissent pousser leurs boucles noires de métèques, portent des jeans trop petits et écoutent du rock. Un matin, à la recherche d’un coin tranquille pour faire du skate, ils décident de prendre le bus vers les quartiers chics de Beverly Hills… Sur cette trame simple va se construire un véritable chef d’œuvre et l’un des meilleurs films jamais réalisé sur l’adolescence.

De la première scène, érotique en diable, à la dernière image, jamais la caméra de Larry Clark ne perd de vu les sept adolescents. Qu’elle s’attarde avec malice sur des poils de téton, où qu’elle nous fasse profiter du spectacle ahurissant (sans qu’on sache vraiment pourquoi) de ces gamins se jetant des escaliers avec leurs planches, tout est mis en œuvre pour les magnifier et leur donner l’éclat des plus belles icônes adolescentes.
Il y a quelque chose de Magique dans la manière qu’a Larry Clark de filmer Jonathan et ses frères. A chacune de leurs apparitions, la pellicule semble littéralement s’embraser, se consumer de passion. A l’aide d’une imagerie homo érotique à la von Gloeden, Larry Clark savoure chaque détail et chaque défaut de ces ados somptueux : un duvet encombrant, un jean trop serré là où il faut, des voix éraillées en pleine mue…Dans certaines scènes, la tension sexuelle est telle que personnages et spectateurs manquent d’exploser comme des flacons de nitro sous le séisme de la mise en scène. Je pense à cette scène où Kiko et la minette WAASP échangent longuement sur un lit avant de s’étreindre. La caméra dévore littéralement le garçon, ses lèvres charnues, ses sourires maladroits, ce regard complètement ailleurs… Cet ailleurs (cet Eden ?) vers lequel semble tendre tout le film. Puisque je parlais de Gus Van Sant, autant dire Wassup Rockers explose souvent Last Days sur son propre terrain. Soutenues par une BO énervée et en symbiose totale avec les images, certaines séquences tiennent du génie : la scène du tourniquet, celle du rassemblement en skate le matin, celle de la répèt’, sans parler du final mélancolique et somptueux. Il est bon de préciser qu’a l’inverse de Last Days, Wassup Rockers est rarement caricatural, et trouve toujours l’équilibre de la justesse (nan mais sérieux, vous arrivez encore à regarder Michael Pitt sans vous marrez, même après le sketch des Guignols ?? Pas moi, HAHAHA !!!!).



Après une première partie brillante, à la fois érotique et âpre, l’escapade de la bande à Berverly Hills transforme leur journée en véritable Odyssée. Le film prend alors un ton à la fois terriblement drôle et burlesque (la Pink Party, où les bouffons superficiels se heurtent à l’authenticité irradiante des Rockers), mais aussi effrayant et émouvant. Malgré la violence de certaines situations, Larry Clark défend avec rage l’insouciance et l’innocence de ses personnages, quit à aborder la ségrégation raciale, la lutte des classes et la violence à la manière d’un conte (la méchante sorcière brûlée vive dans sa baignoire, un ersatz abjecte de Charlton Heston dans le rôle du Loup). Ce détachement étrange et enfantin prend fin lorsque la bande s’échappe des quartiers huppés, emmenant ainsi le film vers un final bouleversant, entre gravité et onirisme.

Fendant l’air sur leurs planches, insaisissables comme des oiseaux, les héros de Wassup Rockers sont des électrons libres faits d’énergie rock que Larry Clark dirige comme dans un ballet. On ne peut que tomber fou d’amour pour ces gamins, pour leur beauté et leur charisme en ébullition, mais aussi pour ce qu’ils incarnent. En dévorant les corps bouillonnants et inachevés de ces adolescents, en magnifiant chacune de leurs maladresses, en saisissant la rage punk et adolescente qui les animent, Larry Clark a réalisé le film le plus romantique, le plus tendre et le plus passionné qui soit.




commentaires

Les commentaires sont automatiquement fermés aux visiteurs au bout de trente jours.

 




Mon Myspace


Friends

Zann

Lèn

Sorcière

Glaude

Maxime

SéNéK

Benjo

Malikou of Boston

Aude chez les Caribous


RPG