La Colline a des Yeux - Alexandre Aja
« Il parait que c’est un film grave d’horreur ! hihihi ! »
Une collégienne en string à ses copines avant La Colline à des Yeux
Pauvre conne ! Si t’étais au courant que t’allais voir un film grave d’horreur, pourquoi tu t’es barré au bout d’une demie heure ? J’ai pu sentir les gouttes d’urine dans ta culotte de pétasse quand t’as levé ton gros cul ! C’est sur, Alexandre Aja ne plaisante pas, c’est un gars sérieux, et peut être même un gars dangereux.
Alors je te l’accorde pouffiasse,
la Colline a des Yeux commence mal. Le générique est foireux, la première demie-heure est couillonne. Les personnages sont pourtant bien introduits, l’empathie fonctionne, les acteurs sont très bons, mais Aja s’acharne à nous faire sursauter pour rien pendant trop longtemps (le
« donne-moi un cookie ! » passe mal !). Est-ce pour mieux nous surprendre après ? T’auras même pas eu le temps de t’en rendre compte, toi et tes copines moches vous vous êtes barré avant que ça commence ! Ah non, autant pour moi, en fait vous êtes parti juste après que le père se soit fait brûlé vif pendant que ses deux filles se faisaient… Oui bon okay, ça rigole pas. En effet, a un instant précis, le film explose. La boucherie se fait d’abord longuement désirer, puis déboule en fanfare : la scène de la caravane ouvre le bal ; une scène cruelle, complètement hystérique, terriblement éprouvante.
Hills have Eyes est sur orbite, et c’est un dangereux psychopathe qui commande le vaisseau.
Hills have eyes n’est pas un film beau : la poisse n’est jamais stylisée et le réalisateur ne fait jamais preuve de coquetterie. Il lui suffit d’un décor, de maquillages, d’un casting épatant, et Aja filme comme ça, paf, à sec ! C’est même plus du réalisme-documentaire, c’est du réalisme-barebake. Puis vient le travail savant et passionné effectué sur le montage et le son, faisant s’élever le film dans une toute autre sphère. Les horreurs que nous raconte Aja sont crédibles, même dans leurs pires excès. Sans jamais égaler la frénésie démentielle de
Massacre à la tronçonneuse, Aja parvient à créer une atmosphère cauchemardesque tout en proposant de nouveaux horizons au cinéma de genre : l’action et l’aventure. Aidé d’une BO sublime et originale, Aja orchestre un crescendo épuisant qui culmine en un souffle épique inattendu, fantastique.
La Colline a des Yeux n’est pas exempt de défauts, mais c’est un film à la personnalité tellement affirmée qu’il impose l’admiration.
Nuls doutes que les habitants d’un pays aussi vaste et mystérieux que les Etats-Unis sortiront de ce film encore plus troublés que nous le sommes, leur imagination brutalisée et leur envie de visiter le Nouveau Mexique disparue à jamais. Tout comme les grottes souterraines de
The Descent l’an passé, les immensités désertiques de
la Colline a des Yeux resteront gravées dans nos mémoires, à l’image de ce plan inoubliable et terrifiant : une vue panoramique sur un désert de science-fiction perforé de cratères titanesques.
« C’est la quatrième dimension ! » s’exclame le héros. Bienvenu en Amérique !
27/06/06 - 02:40
tu peux réécrire le même post en enlevant ce malheureux effet de style mysogyne s'il te plaît ?
zerosix