J'écoute : foxy brown
Je cite : "l'homme n'est pas un singe, l'homme est un slip sur une bête sauvage. Et l'art est le cri idiot du singe qui enlève son slip qui lui gratte le cul."
(mis à jour dimanche 27 janvier 2008 à 17:31)

03/09/2006

03/09/06 - 17:23

Ma première révolution



ma première révolution



J’ai 6 ans, c’est bientôt mon anniversaire. Dans ma chambre trône une merveilleuse maison en bois que m’on père à conçu pour abriter mes Playmobils. Je la lui avais commandé… Elle roule sur un petit chariot.

J’ai tout le mobilier Belle Epoque : la cuisine, le salon, le bureau, les chambres à coucher et la salle de bain. Chaque chose est à sa place : je me suis efforcé de suivre la disposition des meubles montrée en exemple sur la boite. Mon manoir miniature est une véritable maison-témoin Playmobil. La bonne tient son balais, la cuisinière à une casserole dans la main, comme sur la boite. Le grand-père lit son journal dans son fauteuil, les enfants sont couchés dans les lits…comme sur la boite. Plus ma maison ressemble à celle du catalogue Playmobil, plus je suis heureux.

C’est le jour de mon anniversaire : ma mère m’a organisé une fête, avec chasse aux trésors, bonbons, cadeaux et cassettes vidéos. La maison, la vraie, est envahie d’enfants. Ma chambre est prise d’assaut. Tous mes coffres sont ouverts : c’est le chaos, la panique ! Ma mère gronde un enfant qui a mélangé toutes les pâtes à modeler. Soudain, j’ai peur. Ma maison Playmobil !! Trop tard… Elle est assiégée. Je m’approche, fébrile, pour constater les dégâts. Et là, c’est le choc.

Dans le salon, une baignoire est installée, en plein milieu de la bibliothèque. La bonne prend son bain avec un haut de forme sur la tête. Dans la cuisine, un bustier en marbre est posé sur le four et la maîtresse de maison est allongée sur la table, une cuillère dans la main. Pendant ce temps là, la cuisinière lui joue du piano. Dans la chambre à coucher, plus de lits, mais des chaises disséminées dans toute la pièces. Les enfants sont assis en cercle, on dirait qu’ils discutent. Je retrouve les lits sur la terrasse : la nurse dort en plein air. Le grand-père, coiffé d’un bonnet de servante, lui tend un verre. Je reste bouche bée, je n’en crois pas mes yeux. Je suis totalement émerveillé. Ce qui se passe devant mes yeux est fantastique, loufoque, différent, amusant et meilleur. C’est bouleversant.


C’est décidé. Je jure solennellement de ne plus jamais suivre les consignes de la boite ! Désormais, je mettrai le piano sur la terrasse, je ferai dormir les enfants dans la baignoire et le grand-père dans l’armoire, je mettrai des plantes vertes dans la salle de bain et des canapés dans la cuisine. Aujourd’hui, quatorze ans ont passé, et je m’efforce toujours de respecter ce serment, dans tout ce que j’entreprend.






commentaires

04/09/06 - 00:52

Tu es trop chou!!!!!!!!!!!
Désolée pour cette niaiserie... mais il fallait que çà sorte. Voilà.

07/09/06 - 23:40

Franchement, je trouve ce que tu as écrit vraiment émouvant... Certaines choses sont plus fortes, uniquement parce qu'elle nous viennent de notre enfance : un serment, une émotion, une parole...

Et en plus, je trouve que ce serment est des plus honorables...

08/09/06 - 18:53

Ce texte est vraiment magnifique. Ne change pas :p

13/09/06 - 23:15

j'ai eû l'impression de lire du nothomb
génial, merci

14/09/06 - 13:27

Je n'ai pas eu l'impression de lire du Nothomb. Oui, merci aussi. :)

14/09/06 - 15:52

Béh merci merci! En tout cas ça me fait plaisir, il parrait qu'elle écrit bien nothomb, mdr. (et oui, à part des histoires de dragons et de chapeaux magiques je lis pas grand chose).

Enfin, si les histoires que je raconte vous font plaisir alors je suis content, merci encore.

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